Les jeunes années



1 er janvier 1900


   L'enfance en 1900 ne se compare en rien à la vie que nous menons aujourd'hui. En fait, jusqu'au milieu des années 1800, on ne fait aucune distinction entre l'enfance et l'âge adulte.

   Comme la plupart des gens exploitent la terre, c'est la maison qui est l'unité économique centrale. Les enfants sont censés travailler en très bas âge et contribuer à la réussite de la famille. Ils ne peuvent pas exprimer leurs opinions.

   Le père dirige la famille d'une main de fer et les mères s'occupent de l'éducation religieuse et morale des enfants.

   Les enfants meurent en grand nombre de maladies infectieuses comme la diphtérie, la tuberculose, le typhus et d'autres infections.

   Tout commenceà changer dans les décennies qui procèdent 1900. Le taux de mortalité infantile commence à régresser même s'il est encore élevé. Les enfants ne sont plus considérés exclusivement comme de simples petits travailleurs, mais comme des êtres sensibles sur les plans émotif et psychologique. On commence à éprouver des sentiments à leur égard et à utiliser les qualificatifs faible, innocent et vulnérable afin de les décrire. On adopte des lois pour les protéger.

   Les tribunaux pour les jeunes mittent récemment sur pied un nouveau système de justice pénale à leur intention. Auparavant, on applique à la plupart des crimes perpétrés par des enfants, la justice pour adultes. Les enfants dévoyés ont maintenant droit à un traitement spécial.

   La plupart des églises forment récemment des groupes de jeunes en vue d'empêcher les enfants de se retrouver dans des situations embarrassantes et de continuer à les intéresser à la religion.

   À l'aube du nouveau siècle, les enfants ne constituent plus qu'environ 3,6 p. 100 de la main-d'œuvre par rapport à quelque 10 p. 100 au milieu des années 1800. Des groupes religieux et laïcs sont créés simplement pour assurer leur bien-être et le système judiciaire les traite différemment.

   Par contre, si l'on se fie aux normes de l'an 2000, leur vie est difficile. Ils travaillent plus fort, entrent plus tôt sur le marché du travail et sont beaucoup moins dorlotés. Ils sont censés contribuer davantage et moins se plaindre. Ils subissent des châtiments corporels en tant que mesure de discipline et de correction. Les bonbons sont une récompense. La consommation, telle que les jeunes la connaissent aujourd'hui, n'existe tout simplement pas.

   Si tu es un adolescent, tu te lèves probablement à 4 heures du matin pour traire les vaches et effectuer les corvées de la ferme qui sont assignées avant d'aller à l'école, si toutefois tu y vas. Les enfants ne fréquentent l'école que l'hiver et il faut se frayer un chemin dans la neige pour se rendre à la bécosse. Si tu vis à la ville et que ta famille n'est pas très riche, tu doit te lever aux aurores pour travailler de longues heures à l'usine dans des conditions vraiment minables. Celui qui se plaint se fait renvoyer ou reçoit une claque.

   Si tu es une adolescente, il y a des chances que tu participes à la traite des vaches et que tu ailles ensuite aider ta mère à coudre et à faire le beurre avant le lever du soleil. Dans les villes, tu es servante dans une maison où tu as ta chambre ; tu travailles 29 jours par mois pour trois fois rien. L'apprentissage livresque n'est pas au premier rang de tes préoccupations. Le beau côté de la chose, c'est que tu peux dormir jusqu'à l'aube.

   Dans les années 1870, des enfants de moins de 10 ans travaillent encore dans les mines de charbon, mais l'adoption de lois sur l'âge minimum met fin à cette pratique. En Ontario, aujourd'hui, il faut avoir 14 ans pour travailler dans une usine. Dans la plupart des provinces, l'école est obligatoire jusqu'à l'âge de 14 ou 16 ans.

   Au Québec, la fréquentation scolaire n'est pas obligatoire, mais l'idée est dans l'air. Certains, chez les francophones catholiques, s'y opposent car ils prétendent que l'État n'a pas le droit d'imposer l'apprentissage de connaissances profanes « qui peuvent être utiles mais également nuisibles quand elles n'ont pas pour base une saine formation morale » que seule une éducation faite sous le contrôle de l'Église garantit. Par conséquent, les francophones du Québec resteront, pour un certain temps encore, beaucoup moins instruits que leurs compatriotes anglophones.


source : Commission Canadienne des droits de la personne



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