Choisir d'avoir des enfants



Une décision à prendre


   Un jeune garçon ou une jeune fille vient me voir et me dit : « Je pense qu'il n'est pas bon pour moi de me marier et d'avoir des enfants, c'est la spiritualité qui me tente, » Mais en voyant sa constitution, sa structure, je réponds : Étudiez-vous bien... Je crois qu'il est préférable pour vous de fonder une famille : la solitude vous pèsera, vous ne saurez que faire de votre liberté, et vous ne ferez qu'importuner votre entourage. » Et à quelqu'un qui pensait fonder une famille, il est arrivé que je dise : « Étudiez-vous bien avant de prendre une décision... Vous ne semblez pas tellement construit pour le mariage ; très vite vous allez vous sentir ligoté, et non seulement vous souffrirez, mais vous ferez aussi souffrir celui ou celle avec qui vous vivrez. »

   Chacun vient sur la terre avec une constitution, un tempérament déterminés, et il est important qu'il ait conscience de ses tendances profondes afin de ne pas prendre une direction où il s'égarera. À cause des expériences qu'il a faites dans ses incarnations antérieures, chacun arrive avec un programme à remplir qui est en relation avec ses possibilités. Ce n'est pas lui qui peut maintenant décider de ses aspirations profondes.



Bien avant la naissance


   Le mère qui porte un enfant doit prendre conscience des pouvoirs qu'elle a sur lui, déjà bien avant la naissance. Il ne suffit pas d'aimer déjà par avance cet enfant qui va naître, il faut apprendre comment utiliser les puissances de l'amour. Donc, en pensant à son enfant, la mère a la possibilité de projeter son amour jusqu'aux régions sublimes pour y recueillir des éléments dont l'enfant aura besoin plus tard, et les lui infuser... des éléments qui travailleront sur lui pour qu'il devienne un être exceptionnel. Comment une mère peut-elle croire qu'avec ses seules ressources elle est capable de donner à son enfant tout ce dont il a besoin si elle ne va pas le chercher ailleurs, plus haut, dans le plan spirituel ? Alors, de temps en temps, quelques minutes, plusieurs fois par jour, par ses pensées, par ses prières, qu'elle se présente devant Dieu en Lui disant : « Seigneur, je veux que cet enfant que Tu me donnes soit ton serviteur. Mais pour cela j'ai besoin d'autres éléments qui ne se trouvent qu'auprès de Toi : donne-les moi, s'il Te plaît. » Vous direz qu'il n'est pas si facile de se présenter devant Dieu. Bien sûr, mais c'est une façon de parler. Déjà en pensant à la beauté, à la lumière, à l'éternité, la mère attirera des éléments subtils plus élevés et les projetteras sur son enfant.



Trop gâter un enfant


   Si, par faiblesse, les parents habituent un enfant à voir satisfaire tous ses caprices, ils ne pourront bientôt plus l'éduquer : cet enfant, même quand il aura tort et sera conscient d'avoir tort, continuera à vouloir qu'on lui cède ; il sera trop tard pour le corriger. Un enfant que l'on a trop choyé et dorloté exigera que le monde entier ait cette attitude envers lui ; et malheureusement, à ce moment-là, il n'y aura plus qu'une force capable de l'éduquer : la vie. Parce que la vie est impitoyable. Et alors, cet enfant souffrira. Quelles souffrances inutiles les parents préparent à leurs enfants en ne sachant pas s'opposer à leurs caprices ! C'est la faiblesse des parents, leur amour stupide, qui fait le malheur des enfants.



Les enfants sentent que tout est vivant


   Les jeunes enfants ont un sens inné du merveilleux, ils sentent que tout est vivant, intelligent : les pierres, les plantes, les animaux leur parlent et ils leur parlent aussi. Quelques années plus tard, malheureusement, ils perdent ce sens du merveilleux, parce que les adultes se moquent d'eux, et même s'ils ne se moquent pas tellement, leur attitude matérialiste, grossière, finit par déteindre sur eux. Et à ce moment-là, on peut dire que les enfants ont vraiment perdu l'essentiel pour tout le reste de leur existence. Car il ne faut pas s'imaginer que c'est une preuve de supériorité de la part des adultes que de croire que les humains sont les seuls êtres réellement vivants et intelligents dans un univers privé d'âme et de langage. Toute la nature est vivante et intelligente, elle est peuplée d'innombrables créatures vivantes et intelligentes, certaines même bien plus intelligentes que l'homme. Et du jour où l'homme se met à nier cette intelligence et cette vie, c'est en lui-même que l'aveuglement et la mort commencent à s'installer.



L'exemple des parents


   Dans toutes les circonstances, les parents doivent s'efforcer d'être impeccables devant leurs enfants et se maîtriser afin de ne montrer aucune faiblesse. Lorsqu'ils se laissent aller, les enfants sont troublés, désorientés, car ils n'ont plus rien à quoi se raccrocher. Les enfants cherchent toujours d'instinct à s'appuyer sur des êtres qui incarnent la justice, la noblesse, la puissance, et quand ils voient leurs parents commettre une action répréhensible, il y a quelque chose en eux qui se dérègle. Pour se sentir protégé, l'enfant, qui se sent petit, faible, a besoin de sentir au-dessus de lui une autorité infaillible. Il est ignorent de tout, mais il sait qu'il est faible ; c'est pourquoi il a besoin de protection et se blottit contre sa mère pour sentir sa chaleur. Mais cette protection, il en a encore plus besoin dans le plan psychique. C'est pourquoi quand un enfant comprend que sa mère ou son père ne sont pas à la hauteur de leur tâche, il se sent perdu ou il se révolte... Et c'est là l'origine de beaucoup de tragédies dans les familles.



Éducation ou démolition ?


   Les adultes n'ont pas encore bien compris comment ils doivent se conduire envers les enfants, et en particulier ils ne sont pas assez attentifs à la façon dont ils leur parlent. Combien de parents et d'éducateurs ne cessent de les traiter d'incapables, de cancres, d'idiots, et les enfants, suggestionnés, hypnotisés, deviennent au bout de quelques temps réellement stupides et incapables. Il faut savoir que la parole est puissante, agissante, et ce que les adultes disent aux enfants peut avoir une très mauvaise influence sur eux, les bloquer, leur faire peur. Pour les rendre obéissants ou les faire rester sages, faut-il vraiment les menacer du loup, du gendarme, du diable ou de je ne sais quoi ? Toute leur vie, ensuite, ces enfants risquent de se sentir menacés, en danger et ils deviendront névrosés. Il y a beaucoup de choses que les adultes doivent corriger dans leur attitude à l'égard des enfants, sinon ce qu'ils appellent éducation ne sera en réalité que démolition.



L'enfant doit apprendre les Lois de la Vie


   C'est souvent l'amour mal éclairé des parents qui fait le malheur d'une famille : les parents n'ont pas su montrer aux enfants qu'il existe des lois irréductibles devant lesquelles tout le monde est obligé de s'incliner, les parents comme les enfants. « Mais s'ils pleurent ? » Qu'ils pleurent ! Ils doivent comprendre que tout le monde est obligé d'obéir et de se soumettre à ces lois. Dès que l'enfant pleure, la mère ou le père cède pour que ce petit chéri ne soit pas malheureux. Eh bien, à ce moment-là, c'est fini, ils céderont toute la vie ; l'enfant les malmènera et les rendra esclaves, et c'est eux qui seront malheureux un jour parce qu'ils auront confondu l'amour avec la faiblesse. Il pleure ? Et bien qu'il pleure, il exerce ses cordes vocales et pendant ce temps il comprend aussi qu'il y a des lois à respecter et à appliquer.



Pour être de bons éducateurs


   Pour être de bons éducateurs, les parents doivent penser à toutes les qualités et les vertus qui sont enfouies dans l'âme et l'esprit de leur enfant. Au lieu de se contenter de lui faire la morale ou de lui donner quelques fessées pour le corriger quand il fait des bêtises, ils doivent se concentrer sur l'étincelle divine qui habite dans leur enfant, lui donner toutes les conditions de se manifester ; c'est ainsi que cet enfant fera plus tard des merveilles. Et même, quand il est déjà endormi ils peuvent se mettre auprès du lit et, en lui donnant de toutes petites caresses, sans le réveiller, lui parler de toutes les bonnes qualités qu'ils veulent le voir manifester plus tard. Ils placent ainsi dans son subconscient des éléments précieux qui, lorsqu'ils se manifesteront des années après le protégeront de beaucoup d'erreurs et de dangers.



L'harmonie de la société


   Pour remplir correctement leur rôle éducatif, les familles ne doivent pas avoir peur d'abandonner certaines idées qui ont une influence préjudiciable sur l'harmonie de la société. Car ce sont elles qui apprennent aux enfants à désirer avant tout leur propre succès, leur propre bien-être, même si cela doit se faire au détriment des autres. Ce sont les familles aussi qui les habituent à considérer ceux qui ne sont pas de la même nationalité, de la même religion ou de la même race comme des inférieurs ou des ennemis. Il ne faut donc pas s'étonner si plus tard ces enfants se manifestent comme des adultes égoïstes, bornés et intolérants.



La colère des parents


   Une tape ou une fessée peuvent parfois être utiles pour corriger un enfant, mais à une condition : de ne jamais frapper un enfant sur un mouvement de colère afin de ne pas laisser dans sa tête une impression de haine, de méchanceté. Pour sa bonne éducation, l'enfant que vous corrigez doit sentir que vous êtes juste, et si vous le frappez sur un mouvement de colère, le courant déharmonieux produit par vos sentiments se communique à lui et produit des effets destructeurs. Ce n'est donc pas ainsi que vous améliorerez votre enfant. La colère qui est sortie de vous sous la forme d'un courant négatif continuera à agir défavorablement sur lui pendant des mois, des années. Voilà l'ignorance des parents qui, au lieu d'aider et de protéger leurs enfants, détruisent en eux des éléments sacrés, divins, parce qu'ils leur ont communiqué les forces négatives sorties de leur cœur.



Le sens de l'effort


   Que les parents cessent désormais d'être malheureux quand ils voient leurs enfants peiner un peu pour faire ce qu'on leur demande. Les enfants ont de telles ressources, une telle résistance, qu'ils oublient très vite cette peine ; ce qui restera c'est le sens de l'effort qui contribuera à former leur caractère. Voilà ce qui doit réjouir les parents. Si, au contraire, les parents disent : « Oh, le pauvre ! il ne faut pas qu'il souffre et qu'il ait du chagrin », pour lui éviter quelques petites peines, ils vont le rendre paresseux, faible, égoïste, capricieux. Voilà l'amour et la pédagogie des adultes ! Les parents doivent se rendre compte que souvent, sous prétexte de ne pas les faire souffrir, ce sont eux qui favorisent les défauts de leurs enfants. C'est pourquoi ils doivent changer d'attitude, sinon ils seront responsables de leur mauvaise évolution et ils souffriront.



Nourrir son enfant


   La mère nourrit d'abord l'enfant avec son sang, puis avec son lait. Symboliquement le sang, qui est rouge, représente la vie, la force, l'activité ; et le lait qui est blanc représente la paix, la pureté ; c'est un principe d'harmonie qui vient équilibrer les tendances instinctinctives représentées par le sang. C'est pourquoi tous les enfants qui ne sont pas nourris par le lait de leur propre mère manquent de quelque chose d'essentiel. Le lait d'autres femmes ou celui des animaux ne contient pas pour l'enfant les mêmes éléments que celui de la mère. La mère qui nourrit son enfant lui donne, à travers le lait, cet amour et cette tendresse dont il a tellement besoin pour se développer. C'est pourquoi quand elle est en colère ou mal disposée, elle ne doit pas nourrir l'enfant, mais attendre de retrouver son calme, car ses états négatifs empoisonnent le lait, et l'enfant reçoit alors des éléments qui peuvent le rendre malade physiquement et psychologiquement. Les mères doivent être très vigilantes et se préparer toujours à allaiter l'enfant dans le meilleur état possible.


Omraam Mikhaël Aïvanhov
 


 
Page 1     Un enfant   André A. Bernier

Page 2     
Une éducation qui commence avant la naissance   Omraam Mikhaël Aïvanhov

Page 3     
Lettre ouverte à tous les « méchants parents »   Stéphanie Charjoj-Auchere

Page 4     
Nos enfants   Shakti Gawain

Page 5     
Choisir d'avoir des enfants   Omraam Mikhaël Aïvanhov

Page 6     
Éduquer au renoncement et à la réceptivité   Placide Gaboury

Page 7     
Les enfants sont des miroirs   Shakti Gawain 

Page 8     
Rachel   Céline Galipeau

Page 9     
Comment éduquer son enfant   Robert Bélanger

Page 10   
Quelques principes de programmation mentale   Jacqueline Aubry

Page 11   
L'éducation de l'enfant à la lumière de la science spirituelle   Rudolf Steiner

Page 12   
Les enfants « cristal »   Aurélie Pech

 

 
 

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